Combien de temps garder un mascara avant de le jeter ?

Par Thomas Arnoux · Publié le

Deux tubes de mascara noirs ouverts, goupillons sortis, posés sur un plan de toilette clair près d'une serviette pliée et d'une fenêtre

Ouvrez votre trousse : il y a de bonnes chances qu’un mascara y dorme depuis plus longtemps que vous ne le croyez. Le tube a coûté cher, il en reste, et rien sur l’emballage ne crie qu’il faudrait s’en séparer. C’est pourtant le produit de maquillage qui supporte le moins bien l’ancienneté : une brosse humide qui fait l’aller-retour entre l’air libre et le tube, plusieurs fois par semaine, à quelques millimètres de l’œil. Voici où lire la bonne date, ce qu’elle signifie, et à quel moment trancher sans regret.

La date est bien sur l’étui : encore faut-il chercher la bonne

Un cosmétique porte l’une ou l’autre de deux indications, jamais les deux au hasard. La fiche de la DGCCRF sur l’étiquetage des produits cosmétiques est explicite : la date de durabilité minimale, signalée par un sablier ou la mention « à utiliser de préférence avant », est obligatoire quand la durabilité du produit est inférieure à 30 mois ; au-delà de 30 mois, c’est la période après ouverture qui s’impose, « mentionnée avec le symbole représentant un pot ouvert avec un nombre de mois ou d’années ». Ce petit pot ouvert vous dit combien de temps le produit peut être utilisé en toute sécurité une fois entamé — pas une fois acheté.

La nuance compte pour un mascara. La FEBEA, la fédération des entreprises de la beauté, rappelle la même règle du côté des fabricants : le compteur démarre à la première ouverture. Un tube neuf, encore scellé, ne s’use donc pas au fond d’un tiroir ; celui que vous utilisez, lui, consomme son crédit de mois. Ce repère se lit comme les autres mentions de l’emballage, passées en revue dans notre guide pour lire la liste INCI de vos cosmétiques.

Six mois : l’ordre de grandeur à retenir

Les mascaras affichent des périodes après ouverture courtes. Sur la fiche de son mascara haute définition, le fabricant français Avril indique ainsi que le produit « peut être utilisé pendant 6 mois après ouverture, en respectant les conditions d’utilisation recommandées ». Vérifiez le chiffre imprimé sur votre tube : il fait foi pour ce produit-là, et lui seul.

Reste le problème pratique : personne ne se souvient de la date d’ouverture six mois plus tard. La parade tient en dix secondes — un feutre indélébile, la date d’ouverture écrite sur le tube ou sur un morceau de ruban adhésif collé dessus. C’est le seul moyen réaliste de faire vivre une PAO, et l’une des recommandations de bon usage que l’agence sanitaire avait adressées aux consommateurs, relayées par le Cespharm de l’Ordre des pharmaciens : respecter la date de péremption et la durée d’utilisation après ouverture, nettoyer et renouveler régulièrement les accessoires, ne pas partager certains produits.

Les gestes qui décident vraiment de sa durée de vie

Le maquillage des yeux impose quelques règles d’hygiène que Santé Canada résume sans détour : se laver les mains avant l’application, « ne jamais emprunter les produits de maquillage pour les yeux, ni prêter les siens », et « ne jamais humecter le mascara ou tout autre produit de maquillage pour les yeux avec de la salive ». Le réflexe d’ajouter un peu d’eau ou de souffler dans le tube pour rattraper une formule qui sèche relève de la même erreur : vous diluez le conservateur et vous ensemencez le produit.

Deux habitudes aident aussi. Cessez de pomper la brosse de haut en bas pour charger le goupillon : ce mouvement pousse de l’air dans le tube et assèche la formule. Et refermez en vissant à fond, plutôt qu’en posant le bouchon en équilibre sur le rebord du lavabo. Le soir, retirez le produit sans frotter, avec les gestes décrits dans notre article sur le démaquillage du soir : les cils moins malmenés se chargent mieux le lendemain.

Jeter avant la date, parfois

Une PAO est une durée maximale, pas une garantie. Un mascara qui a changé d’odeur, qui s’effrite, qui forme des paquets alors qu’il glissait bien le mois dernier, ou dont la brosse accroche, a fait son temps même s’il reste deux mois au compteur. Et si vos yeux piquent, rougissent ou larmoient après l’application, la consigne de Santé Canada est de « cesser immédiatement l’emploi » du produit. En cas d’effet indésirable, les recommandations relayées par l’Ordre des pharmaciens vont dans le même sens : arrêtez le produit, conservez-le — il porte son numéro de lot, indispensable à la traçabilité — et parlez-en à un professionnel de santé.

Le geste utile, ce soir, tient donc en un feutre : sortez votre mascara, écrivez la date du jour dessus si vous savez quand vous l’avez ouvert, et jetez-le si vous n’en avez aucune idée. Profitez-en pour faire le tour du reste de la trousse, où les produits de teint évoqués dans notre comparaison BB crème ou fond de teint portent eux aussi leur petit pot ouvert, et où traîne souvent un gloss entamé l’hiver dernier.

Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.
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