Indice SPF : comprendre l'étiquette de sa crème solaire

Par Élise Vernet · Publié le

Tube de crème solaire blanc posé à plat sur une serviette éponge claire, à côté d'une noisette de crème étalée au doigt, en pleine lumière d'été

Six, dix, trente, cinquante, cinquante plus : le rayon solaire se lit comme un relevé de notes, et l’on attrape le plus élevé en espérant bien faire. L’étiquette dit en réalité trois choses distinctes — un indice, une catégorie, un logo — et la plus utile des trois ne figure pas en gros caractères sur la façade du tube. Voici comment lire un solaire poste par poste, et pourquoi la quantité que vous en sortez compte autant que le nombre imprimé dessus.

Ce que l’indice SPF mesure, et ce qu’il ne mesure pas

Le SPF (facteur de protection solaire, ou FPS) ne couvre qu’une partie du rayonnement : les UVB. Il se traduit par une catégorie de protection dont l’Assurance Maladie donne la grille : faible pour les indices 6 et 10, moyenne pour 15, 20 et 25, haute pour 30 et 50, très haute pour le 50+. Même page pour l’usage : pas moins de 30, et 50 pour les enfants.

Deuxième enseignement, moins intuitif : l’échelle n’est pas linéaire. Par construction, un indice 30 laisse passer un trentième des UVB et un indice 50 un cinquantième, soit environ 96,7 % de filtrage contre 98 %. L’écart entre les deux nombres est spectaculaire en rayon, ténu sur la peau. C’est aussi pourquoi « écran total » n’a plus droit de cité : aucun produit ne bloque tout le rayonnement, et l’ANSM rappelle dans ses recommandations de bon usage des produits de protection solaire qu’une telle promesse ne devrait pas figurer sur un emballage.

Le logo UVA, la moitié d’étiquette que personne ne regarde

Les UVA pénètrent plus profondément et ne comptent pas dans le SPF. Leur protection se lit à un petit logo circulaire, les trois lettres UVA entourées d’un cercle. Derrière ce tampon discret, l’ANSM détaille trois exigences cumulées pour qu’un produit mérite le nom de protection solaire : un SPF d’au moins 6, une protection UVA équivalente au minimum au tiers du SPF affiché, et une longueur d’onde critique d’au moins 360 nanomètres, qui couvre les UVA les plus longs. Le logo atteste donc un rapport fixe entre les deux protections, muet dans l’indice. Les filtres, eux, se lisent dans la liste d’ingrédients comme n’importe quel composant, avec nos repères pour décrypter la liste INCI d’un cosmétique.

La quantité : le poste où toute la protection se perd

Voilà le chiffre absent des façades de tube : un indice n’est vérifié en laboratoire qu’à une dose de référence, que personne n’applique. L’Institut national du cancer donne la mesure en cuillères : deux cuillères à café pour la tête et le cou, deux cuillères à soupe pour le corps en maillot. L’Anses, dans l’avis qu’elle a rendu public le 11 décembre 2024, propose d’inscrire cette quantité sur l’emballage — environ six cuillères à café de lotion, soit 36 grammes pour le corps d’un adulte — parce que les doses réellement appliquées sont en moyenne inférieures à celles qui donnent le niveau de protection annoncé.

La conséquence est mécanique, et l’ANSM la formule sans détour : une quantité insuffisante diminue nettement le niveau de protection. Un indice 50 étalé en voile transparent ne vaut pas un 50. Trois gestes tiennent l’édifice : une couche épaisse une demi-heure avant de sortir, un renouvellement toutes les deux heures et après chaque baignade ou grosse transpiration, et les zones qu’on oublie — oreilles, tempes, nuque, dessus des pieds, dos des mains. Et ne réduisez ni la dose ni la fréquence sous prétexte d’un indice élevé : l’agence met en garde contre ce calcul.

Ce que l’étiquette ne dira pas

Elle ne dira pas qu’elle arrive en troisième position. Pour l’Institut national du cancer, l’ordre est l’ombre d’abord, le vêtement ensuite, la crème en complément — et le soleil à éviter entre 12 h et 16 h en métropole. Ni qu’un indice élevé autorise à rester dehors plus longtemps : même une crème 50 ne filtre pas 100 % des UV, et une faible couverture nuageuse ne fait pas obstacle au rayonnement.

Elle ne dira rien, enfin, du tube de l’été dernier. Un solaire entamé vieillit comme les autres produits, et le petit pot ouvert au dos fixe sa durée d’usage, comme pour la durée de vie d’un mascara. Dernier piège, celui que l’Anses voudrait voir disparaître : le SPF affiché sur une crème de jour ou un fond de teint. Ces produits portent un filtre à titre secondaire et ne remplacent pas un solaire ; ils relèvent d’une routine visage matin et soir ou des critères d’une bonne crème hydratante, pas d’une journée en plein soleil.

Le geste suivant : sortez le tube de cet été et retournez-le. S’il n’a ni logo UVA ni durée après ouverture lisible, ce n’est pas d’un indice plus élevé que vous avez besoin, c’est d’un autre tube.

Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.
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